Un Oracle démonothéiste, première partie
La Bible est un corpus de livres à caractères monothéistes, que l'on commença à rédiger vers le VIIIème siècle avant l'un des ressortissants de sa foi : Yeshoua/Jésus/Isa. Et, dans un sens, le Coran est le livre biblique méta-apocalyptique. C'est en tout cas ce que cet article comprendra par « Bible » : à la fois le Tanakh, Ancien Testament hébraïque – le Nouveau Testament évangélique – et le Dernier Testament coranique …
Mais des monothéismes ou assimilables, pointèrent déjà avant le -VIIIème siècle. C'était en Égypte et en Iran : le bref culte d'Aton voilà 3400 ans, d'une part (Dieu-soleil), et le culte toujours actuel d'Ahura Mazda depuis 3200 ans environs, d'autre part (Dieu-« phénix »). C'est dire la proximité géohistorique. Le monothéisme biblique naît voilà 2700 ans environs, courant jusqu'à nous en passant par son dernier livre, voilà 1400 ans.
On ne dirait pas comme ça, mais sur la base d'un seul Dieu obsessif, prétendu unique et absolu, il y a de la créativité. Il ne faut pas se le cacher, même si la grande masse des créations monothéistes impliquent d'autres croyances, au moins à titre illustratif (les monothéistes récupèrent les cultures dans lesquelles ils s'implantent). C'est que ce Dieu exclusif, même sous forme enflammée pour commencer, ne se laisse pas aisément représenter, ni a fortiori idolâtrer ! Et pourtant, sa ferveur fonctionne comme une inflammation pré-fanatique, forcément.
Forcément, puisqu'il occasionne que ses fidèles sont gênés voire railleurs, à l'égard de toutes les autres religions : dans la Bible, il est dit que le Dieu était venu pour l'humanité entière mais que – incapable de conditionner la liberté qu'il lui confia – il se concentra sur les juifs ; puis, les chrétiens dirent que « le Saint-Esprit souffle tout autour de la Terre, même sous d'autres formes que chrétiennes », tandis que les musulmans dirent que « le Dieu envoya pléthore de prophètes à tous les peuples » : autant de façon de dire, qu'après tout, les seuls « croyants universels », c'est « nous » … pour autant que l'universalisme ait de l'intérêt (même les Chinois lui en trouvent, c'est dire).
Cet universalisme se retrouve dans le sikhisme, monothéisme indien inventé voilà 500 ans, et le guénonisme, primotraditionalisme inventé voilà 100 ans*. Ces deux-là disent que le Dieu ou la tradition purs, s'expriment diversement tout autour de la Terre et qu'il faut les honorer sans y toucher : ils n'ont pas le sentiment de leurs propres contradictions, à s'affirmer comme des purismes devant toutes les autres croyances, reconnues pourtant possibles à égalité dans leur démarche. On peut dire que sur la base des universalismes précédents, ils ont inventé l'égalitarisme inégalitaire … de même que l'universalisme humanitaire le réinvente : universalisme occidental, onusien, atlantiste.
L'universalisme, c'est toujours l'universalisation d'un modèle, dont on s'attend à ce qu'il soit indubitable et incritiquable. Mais il ne serait pas cohérent avec sa nature, qu'il refuse qu'on en doute ni qu'on le critique. Et pourtant, c'est ce refus qui conduit à l'extrême-centrisme politique, et qui révèle toutes les contradictions dans lesquelles il s'empêtre, quand en son nom on défend d'autres valeurs incompatibles – la tolérance ne pouvant tolérer cela, malgré tout. Le « tolérantisme » universaliste ne tient pas une seconde, hélas (sur le principe, c'était utopiquement séduisant).
Eh bien, il y a là un esprit-farceur, digne des plus affreux lutins – au moins, – pour le croyant néo-celtique. Cet article en décrit l'origine spirituelle, sorte d'oracle rétrospectif.

Caducée hippocratique.
Au Commencement était le monde à l'envers
Il ne faut pas surestimer le culte d'Aton, car il fut très fragile. C'est que, dans l'Égypte antique, le soleil était un attribut d'Amon-Rê, Dieu principal entre les Dieux. Cette primeur est d'hénothéisme, quand un Dieu est principalement reconnu et révéré entre les Dieux. Ainsi, choisir l'un de ses attributs – le soleil – était une forme de déplacement, qui pouvait être vécu comme dégénératif, par les Égyptiens d'époque. Et puis, Amon-Rê, c'est avant tout Amon, « le Dieu caché », qui ne devient Rê qu'au titre de sa gloire resplendissante.
Autant dire que le culte d'Aton, pour un Égyptien, c'était le monde à l'envers : on exposait le Dieu caché, autant qu'on le limitait à l'un de ses attributs, tout en limitant le divin à cette exposition d'avoir restreint les Dieux à lui seul …
Néanmoins, cette velléité de « transparence », si l'on peut dire, est symptomatique des monothéismes, qui ne font pas d'initiés quoiqu'ils restent parfois mystérieux. Mais l'égalité dans la révélation est égale pour tous, principe de « la transparence ». C'est totalitaire, dans la spiritualité pour commencer. Quelqu'un qui n'a rien à cacher, est quelqu'un de glauque, car il ne cherche au fond pas à se montrer sous son meilleur jour, en s'imposant à nous toujours jusque dans sa tripe.
Le culte d'Ahura Mazda est encore plus détonnant.
Pour commencer, il est à savoir que le mazdéisme est une religion indo-européenne. Comme chez les Védas indiens et les Celtes européens, le mazdéisme connaît deux familles de Dieux. Mais, tandis que chez les Védas et les Celtes, la première famille (Asuras/Fomoires) est sauvage et la deuxième famille (Devas/Dieux) est civilisée … dans le mazdéisme, le rapport s'inverse. Les Devas deviennent même méchants, tandis que les Asuras deviennent gentils.
Il y a ici un renversement digne de la Généalogie de la morale, du philologue Friedrich Wilhelm Nietzsche : dans une première topique indo-européenne, il y a avant tout la sauvagerie, qui s'oppose à la civilisation et s'y soumet (les Devas/Dieux règnent sur les Asuras/Fomoires). La civilisation se présente donc comme ce qui crée des valeurs, noblement, tandis que la sauvagerie est ce qui prolifère, utilement …
Eh bien, dans le mazdéisme, il se trouve que les Asuras prennent le dessus sur les Devas : premier renversement. Puis, ces deux familles ne sont plus complémentaires, mais s'opposent machinalement, entre les gentils et les méchants : ce n'est plus qu'une dispute de cour d'école maternelle. Vraiment, il suffit de lire l'Avesta, « Bible mazdéenne », pour s'en rendre compte … Or ce manichéisme gentil/méchant, juste/injuste, agréable/désagréable, utile/nuisible se retrouve dans les monothéismes bibliques, sans aucune souplesse existentielle. C'est manifeste avec les hassanates et les syiates islamiques toujours, risible logique pécheresse de l'action bienveillante ou malveillante, alors qu'il n'y a pas que le Bien et le Mal, « dans la vie », loin de là.
Tout le monde peut comprendre que le domaine du moralement Neutre est immense, et qu'à faire de la morale pour tout, le manichéisme est paranoïaque – donc pré-fanatique. C'est comme ça.
Concrètement, dans les noms divins
Tout cela se traduit concrètement dans les noms des divinités d'époque : Gog, dans le judaïsme et le christianisme, personnifie à la fois le polythéisme et les puissances du Mal. Mais originellement, Gog désignait un chef de hordes : Gog, prince du pays de Magog, devenu géostratégiquement le symbole des ennemis d'Israël … puis, dans l'Apocalypse, l'ennemi eschatologique de l'Église du Christ, qui voit des ennemis lancinants, menaces rampantes, insidieuses et sinueuses, partout alentours. Gog, au fond principe utile dans l'islamisme face à ses ennemis : plutôt que d'y réfléchir, on tente lâchement de le convertir, de le fuir, de le réduire ou de le détruire directement, et l'on ose nommer cela « le salut divin » …
Et puis, il y a donc les Devas indiens, grands Dieux, qui deviennent chez les Perses des démons malfaisants, esprits maléfiques dirigés par Ahriman, principe du Mal. Mais les Devas indiens, représentent des Dieux célestes – contraste avec l'évolution inverse des Asuras indiens, déchus au rang de démons, et des Ahuras iraniens, promus au rang suprême avec Ahura Mazda.
Vers les monothéismes bibliques, c'est magique. Chronologiquement, prenons Adonaï-YHWH, le Seigneur-Jéhovah des Hébreux/juifs … et disons d'abord qu'il est appelé Elohim, ce qui signifie Lui-les-Dieux, sorte de nounoiement royal. Néanmoins, la racine El a plusieurs sources : Elyon en Phénicie (grec Hypsistos, qui signifie déjà « le Très Haut ») repris dans l'Ancien Testament biblique, comme un des noms du Dieu d'Israël (justement « le Très Haut ») habituellement en combinaison avec El, Elohim, ou même Yahvé. D'ailleurs Yahvé, le tétragramme YHWH, est considéré comme sacré et ineffable, vocalisé sous la forme Adonaï (« Seigneur »), qu'on trouve même dans les Bibles chrétiennes originelles. Mais c'est un ancien Dieu du tonnerre en Sinaï et Canaan, contrées polythéistes comme probablement toute la Terre alors, Dieu associé à la déesse nommée Ashérah.
Tenez-vous bien : en Syrie ancienne, Ashérat, est « Mère des Dieux » et épouse de El. On lui attribue soixante-dix enfants, ce qui n'est pas une mince affaire. Mais Ashérah ou Ashérat vient aussi de Phénicie, apparentée à l'Ishtar-Astarté nabatéenne (déesse de l'amour) et forme féminine de El, qui donne Elhoim ! … El, ou El Dagon, signifie en Canaan et en Phénicie le « Père des Années », désigné comme un taureau (Shor El), symbole de force. Et pourtant, les monothéistes continue de dire amen ou amin, qui signifie « ainsi soit-il pour les siècles des siècles » : siècle ou année, c'est une affaire de temps, orginellement associée au veau d'or qu'ils conspuent …
Plus encore : dans les mythes, El s'efface devant Baal, et sa parèdre reste Ashérah (« Ashérat-de-la-Mer »). Mais Baal est un titre équivalent à Adonaï ! … Baal Hadad est en Canaan un Dieu de l'orage et de la fertilité, héros des mythes ougaritiques, désigné comme « fils de Dagon » donc de El et de la déesse Ashérah.
Tout ceci signifie concrètement, que les monothéismes bibliques sont bel et bien des usurpations d'une parité originelle, au milieu d'une vaste mixité divine. En tout cas, l'élément féminin a été refoulé par le renversement des valeurs, imposant automatiquement aux femmes des rôles de seconde zone. Pas sûr qu'elles se contentent toutes du sérail … L'égoïsme est belle et bien la dynamique des croyants au Dieu unique, ayant subi le mauvais tour de quelques démons mazdéens, originairement, dans une vaste immense blague de civilisation qui ne fait rire personne, en dehors des vils esprits. Au mieux, elle est pitoyable ; au réel, elle est minable – quand même le judaïsme contiendrait parfois des formes de matrilignage.
Si vous considérez les musulmans, vous verrez que leurs ancêtres arabiques avaient une déesse nommée Allât ou al-Lat, signifiant littéralement « la déesse » au même titre que Allah ou al-Lah, signifie littéralement « le Dieu ». Eh bien, ce Allah existait bien avant le Dieu musulman, considéré comme universel il est vrai, mais définitivement pas unique et absolu comme dans l'islamisme, puisque parèdre ou père d'Ozzâ, Manât et Hubal (trois déesses).
Par contre, étaient révérés pléthore d'autres Dieux, dont le musulman prendra le sens : Rahim « le miséricordieux » ; Halim « le doux, le bon, le clément » ; Haubas, « l'aride, le déssecheur » ; Sami, « celui qui exauce » dans le royaume de Saba dont la reine fascina Mahomet, et dont on entendait déjà parler dans des textes bibliques antérieurs ; Marduk, « jeune taureau du soleil », Dieu babylonien, devenu divinité nationale au royaume d'Hammourabi, puis être suprême du panthéon babylonien, où il supplante Enlil tout en prenant le titre de Bêl, Seigneur, équivalent de Baal, Dieu créateur souverain des Dieux et des hommes, dispensateur de la vie et de la santé, patron des exorcismes ; Mamitu dans l'empire d'Akkad, déesse akkadienne du serment, châtiant les parjures, aussi créatrice des destins avec les Anunnakis**, fixant la mort et la vie ; etc. … Reste que l'ancien Allah n'était pas très révéré : c'est un Dieu servant de toile de fond.
Alors, pour en revenir à Hubal, une des filles ou parèdres d'Allah (l'ambiguïté rétrospective incestueuse laisse songeur, rapport à d'autres éléments), Hubal pourrait même être un ancien nom d'Allah, Dieu de la lune chez les Quraychites dont ressortirait Mahomet … Il y a aussi Nikkal (du sumérien Nin-gal, « Grande Dame »)déesse lunaire, associée au Dieu Yarakh à Ugarit : « mère des Dieux », elle forme une triade divine avec son époux le Dieu lunaire Sin à Harran ou Sahar à Neirab, et leur fils Nusku.
Souvenez-vous : nous disions à peine plus haut, que Yahvé était un Dieu associé au tonnerre sur le mont Sinaï. Eh bien, parmi les anciens Dieux, on trouve aussi Anzû, qui en Mésopotamie est un être divin déchu, lié au tonnerre, représenté sous la forme d'un aigle à tête de lion, voleur des tablettes du destin. Il est vaincu par Ninurta, Dieu mésopotamien guerrier, opposé aux forces néfastes ! … Or, c'est Moïse chez les Hébreux juifs, auquel n'arrête pas de se comparer Mahomet, Moïse qui revient du Sinaï avec les tablettes inspirées par Yahvé, et les formes de l'aigle et du lion sont associées aux évangélistes ! … Là encore, on remarque le renversement des valeurs, évoqué tout à l'heure.
Et reprenons les choses à leur racine égyptienne, syriaque et palestienne, c'est fou : Baal, Seigneur, y est un équivalent de Seth, qui n'est pas connu pour sa tendresse. Dieu du tonnerre, de la confusion et du désordre, synonyme d'autoritarisme, de fureur, cruauté, crise, tumulte, désastre, souffrance, maladie et orage … que l'on retrouve, donc, dans le Yahvé sinaïque … où tout cela finit dans une mort affreuse, dominée par la culpabilité des monothéismes, dès l'Ammout égyptienne : « la dévoreuse des morts », démon se repaissant du cœur des trépassés – comme si l'humanité méritait encore la punition dans l'au-delà, notre existence n'était pas assez assaisonnée comme cela.
Sans parler de Khnoum Esna, Dieu créateur qui modèle le corps des hommes et des Dieux sur un tour à potier (il façonne l'embryon) également maître des sources du Nil. La poterie est un attribut du prétendu Dieu unique et absolu, qui façonne l'homme dans la glèbe (étym. adam) et l'eau (étym. ève) !
Comprenez-vous le renversement formidable ? … Pour le croyant néo-celtique que je suis, il y a là un oracle : d'anciennes puissances spirituelles régionales, ont imposé leur esprit néfaste à l'Iran, creuset indo-européen. Cela a ensuite tourné aux monothéismes bibliques que l'on connaît jusqu'à nos jours, usurpateurs culturels et sexuels, quoiqu'ils s'en défendent … et quoique les personnes de spiritualité new age fanfreluches, ou bien les personnes plus carnées ou terre-à-terre (je disais carnantes dans un autre article) ne croient pas cela déterminant et s'en fichent. Il est pourtant essentiel, de prendre la mesure des énergies divines qui animent l'humanité, sur un mode post-lovecraftien.
Un point sur les Nordiques tendanciellement germano-vikings
Au passage, plus inquiétant pour les néo-païens : je ferai remarquer que chez les Nordiques tendanciellement germano-vikings voilà 1000 ans, la famille divine des Ases (phonétiquement proches des Asuras) règne sur la famille divine des Vanes (phonétiquement proches des Devas) : c'est à croire que dans le Nord, ils subirent le renversement dont je parlais, et que cela s'en ressent beaucoup des entertainments néo-nordiques actuels, de mœurs fort christo-païennes (même si la déesse Vane Freja est à l'origine de la magie qu'utilise aussi le Dieu Ase Woden).
Ce point est essentiel, car les Néo-Nordiques font parfois preuve de pré-fanatisme dans leur genre de grudus, éventuellement néo-nazis quand ils cherchent mal leur origine : ils sont détrompés par les Asuras/Fomoires (si Æsir, Ase signifie Dieu en norrois, Vanir, Vane, signifie ami). Mais d'ailleurs, le christianisme fit des Nordiques son fer de lance, dans les croisades … certes après qu'ils aient subi les massacres de Charlemagne et d'autres, à la décharge des Nordiques et des Néo-Nordiques.
Mais il y a là des collusions séculaires, fort douteuses pour le Néo-Celtique qui puise ses ressources plus avant. Sans jeter la pierre aux Néo-Nordiques, il faut quand même dire que les Germano-Vikings ont pu côtoyer le christianisme, et qu'en plus de leur léger renversement originel, ils ont pu se laisser acculturer dans l'âme. Corrompus par le monothéisme biblique, dans la démarche. D'où oraculairement, que les Vikings auraient autant de succès dans nos mondes contemporains euro-américains, par légère affinité spirituelle … Enfin, à la décharge des Néo-Nordiques toujours, de manière générale nos prédécesseurs sur ces terres sont tous caricaturés à l'heure actuelle par notre humanitarisme post-chrétien, si prompt à tolérer les manifestations religieuses juives et musulmanes.
Reste une dernière chose, évidemment : dans leurs tentatives d'ancrage héréditaire européen, des Américains – Canadiens et Étasuniens – ont envie de célébrer l'antécédence des Vikings sur Christophe Colomb. Ce qui est une originalité nordique à souligner, qui pourtant n'a pas retenti dans l'Histoire. Les Vikings ont initié la Russie, d'une part, avec les Varègues, et ont duré dans le Vieux Canada, d'autre part, ce qui est dans la veine culturelle des Mormons*** (les Mormons prétendent que Jésus aurait traversé l'Atlantique voilà des siècles, avant de s'implanter parmi les Amérindiens) sinon que les Vikings en Amérique du Nord, ça s'est vraiment passé. C'est quand même un point essentiel, dont les Mormons ne bénéficient pas.
Tout se passe, au plan oraculaire de cette attraction américano-nordique, comme si les Dieux amérindiens convoquaient les Dieux européens toujours honorés, à l'époque. Tenez-vous bien, il s'agit de mon rapprochement le plus surprenant (déjà suggéré dans d'autres articles) : les Nordiques, suite aux massacres de l'expansion chrétienne, sont à l'Europe ce que les Amérindiens sont à l'Amérique. Des victimes directes de la perfidie monothéiste (suite au renversement des valeurs, voilà 3000 ans).
L'oracle dit alors, que les Dieux des deux continents ont tenté de relier les Vikings et les Amérindiens, pour les prévenir, si la connexion géohistorique avait pu se pérenniser – ce qu'elle n'a manifestement pas fait, puisque c'est Christophe Colomb, que l'Histoire a reconnu massivement, même si désormais il y a légère redécouverte des Vikings en Amérique. On ne peut pas dire qu'ils soient franchement mémorables, à ce niveau, puisqu'ils n'ont pas occasionné la Renaissance européenne, sous cet angle. De toutes façons, les forces monothéistes étaient déjà très prégnantes.
Qu'on comprenne bien que le religieux et le politique ne sont distinguables qu'artificiellement (et au fond, ceux qui critiquent les religions quand elles se politisent, sont naïfs : la vie humaine n'est pas un saucisson qu'on découpe en rondelles. D'ailleurs, même si ces tentatives de séparation ont lieu, il faut noter que la laïcité est propice au polythéisme, car elle reconnaît tous les cultes sans en élire aucun, par exemple, et que les monothéistes ne peuvent qu'être embarrassés par ses tolérances spirituelles, quoique la laïcité soit pour eux le défi de la mise en concurrence des Dieux, à devoir prouver que le leur est capable d'influencer le monde plus vivement, dans un jeu divin à la gréco-romaine, assimilable aux meilleurs péplums.)
À partir de là, de toute évidence, les Dieux nordiques et amérindiens ont nourri du ressentiment. Ils ont été victimes directes. En tout cas, ayant subit de plein-fouet l'acculturation brutale avec les forces spirituelles monothéistes, les Nordiques et les Amérindiens se retrouvèrent dans leurs invectives, leurs malédictions, leurs hargnes, leurs batailles et leurs envies, face aux monothéismes bibliques : une martyrologe en droite provenance de ces mêmes monothéismes … en quoi ils se ressemblent, contrairement aux Néo-Celtiques plongeant plus antiquement.
Un point sur les Méditerranéens tendanciellement gréco-romains
Tout aussi inquiétants entre les néo-païens, les Méditerranéens tendanciellement gréco-romains. Pourquoi ? … Pour commencer, c'est très clair, les Romains déployèrent leur romanité bon an mal an, sur les Celtes qui les menaçaient et les envahissaient anciennement. C'est le jeu divin et humain, de part le sort (figurez-vous que les Gaulois avait un nom pour cela : deuogdonoios, notion pour « Dieux-et-hommes » en leur alliance spirituelle, leur religion. Retenons ce deuogdonoios pour le jeu divin,ici comme tout à l'heure entre les monothéistes, les Nordiques et les Amérindiens … ) Bon. Il se trouve que le deuogdonoios romain s'est prêté à la conversion monothéiste, notoirement sous Constantin (IIIème siècle) de sorte à en arriver aux universalismes contemporains : de vieux démons moyens-orientaux ont progressivement harassé toute la la Terre à travers les monothéismes** …
C'est que l'Empire romain s'étendait sur une partie du monde moyen-oriental, et qu'il était préposé à ces influences spirituelles, selon l'oracle. De plus, la mythologie romaine, quoiqu'inspirée par le fond archaïque indo-européen, a été beaucoup plus laïcisée et historicisée (démythifiée, légendarisée) que d'autres mythologies issues du fond archaïque indo-européen, telles que les védiques, hindoues, celtiques et nordiques. Ainsi les Romains, quoiqu'adeptes des mystères et des initiations polythéistes, étaient plus sensibles aux aventures bibliques elles-mêmes fort humaines-trop-humaines (et j'inclus le Coran dans cette Bible, pour rappel).
Les Grecs aussi, se prêtaient spirituellement à ce que le Nouveau Testament biblique soit traduit dans leur langue. Car l'amour christique est avant tout intellectuel d'universalisme : il ne se distingue pas de l'intellection coranique, pas plus que de l'exégétique talmudique, intrinsèquement. Yeshoua/Jésus/Isa avait cette aridité du désert (il faut lire Dieu, un itinéraire, de Régis Debray, à ce propos) : comme on dit, il était juif, il n'était pas chrétien … eh bien, les Grecs aussi, se prêtaient au deuogdonoios monothéiste. D'autant plus d'ailleurs, que leur mythologie s'était beaucoup écartée des Indo-Européens, y compris de la romaine (cf. Georges Dumézil sur ces points de la proximité ou non avec l'indo-européanité). Mais enfin, ils ont une évidente connexion avec le Moyen-Orient, et plus généralement l'Asie : il faut d'ailleurs voir, comme Jupiter et Zeus, Dieux principaux de leurs hénothéismes, sont justement relayables à Yahvé et Anzû, etc. alors que le tonnerre n'est pas un attribut des Dieux principaux continentaux : ni le Lugos celtique ni le Woden nordique.
Mais ni les Grecs ni les Romains, certes, n'avaient prévu le devenir-monothéiste du monde, dans leurs démarches. D'ailleurs, ils critiquèrent et persécutèrent de nombreuses fois ces indécrottables martyrologues monothéistes. Les monothéistes cherchent pour se donner raison, passifs-agressifs dans leur dépressivité, ils sont les premiers à se faire insupportables, innocence armée … ce qu'on appelle aujourd'hui troller, sur Internet, et qui au fond est de sabotage. Les monothéistes sont de vastes saboteurs, à commencer parce qu'ils sont universalistes.
Pourquoi les monothéistes cherchent pour se donner raison, passifs-agressifs dans leur dépressivité, innocence armée, trolls, saboteurs
Les Bibles sont pleines de contextes rancuniers et envahisseurs, mais bien sûr de soumission et d'auto-victimisation, aussi. Le prétendu Dieu unique absolu grand D, condamne et veut tuer les Juifs qui tournent leur visage vers d'autres Dieux, dans l'Ancien Testament hébraïque ; dans le Dernier Testament coranique, la même divinité condamne et veut tuer les polythéistes, ainsi que les supposés mauvais monothéistes, tant sa crainte est horrible et maladroite. Même dans le Nouveau Testament évangélique, les monothéistes sont au centre de cette structure : agression, soumission et auto-victimisation, au nom d'une foi spirituellement totalitaire. Cela rend les humains fous.
Ils espèrent des prescriptions, mais sont conduits à agir soumis à ce Dieu au quotidien, nécessitant à chaque seconde leur attention sans aucun sens du partage spirituel. Et le pauvre Jésus essaya de le transformer en amour, entre créatures, « pour l'amour de Dieu » … ! C'est atroce. La culpabilité fait devenir paranoïaque, entre ce prétendu Bien éternel et le prétendu Mal partout, Gog. L'hébreu, le chrétien ou le musulman voit des ennemis lancinants, menaces rampantes, insidieuses et sinueuses, partout alentours et, plutôt que d'y réfléchir, on tente lâchement de le convertir, de le fuir, de le réduire ou de le détruire directement, et l'on ose nommer cela « le salut divin » … même si vous préférez ne pas y penser ou que vous l'affrontez résolument. Vous avez harassé. Et après toutes ces folles orientations, les monothéistes accusent les paganismes de leurs propres défauts ! … Les monothéistes rejettent leur folie sur les autres. Malin ! …
Car, à s'en tenir strictement aux évangiles, on constate que Jésus était un habile rhéteur porteur d'une praxéologie escomptée exemplaire, un moralisme. C'est un véritable serpent. J'utilise évidemment cette image à dessein, puisque le serpent est associé normalement au diable, chez les monothéistes. Et pourtant, dans toutes les autres mythes et légendes, même locaux, le serpent est un vaste représentant de la sagesse, de la prudence et de la protection, parce que la sagesse, la prudence et la protection sont relayées à l'habileté (sophia est habileté, y compris technique, en l'occurrence : technique verbale et attitudinale d'une exemplarité escomptée).
À cela évidemment, il faut rajouter les dimensions magiciennes – « miraculeuses » – dont toutefois Jésus n'abuse pas : c'est que selon la légende évangélique, il tient à faire la preuve de sa douance messianique, tout en laissant les personnes se responsabiliser logiquement dans sa foi militante. De toute évidence, il menace spirituellement autrui, tout en le laissant sociopolitiquement libre d'adhérer, encore qu'il soit prosélyte. Il se défoule une fois comme n'importe quel « Saroumane » dans un évangile, contre un figuier qui ne veut pas lui donner de fruit, en le faisant flétrir – de même qu'il s'était défoulé une fois comme n'importe quel « red skin », contre les marchands du temple.
C'est un être d'une douceur volontariste, animé par un ressentiment qui l'attriste jusqu'à la Passion, dont il aurait pu réchapper selon ses connaissances magiques (visions prémonitoires) mais à laquelle il se soumet auto-punitivement alors, pécheur par ressentiment qui se cherche une sanction exemplaire, à cultiver son vice. En quoi il ressemble à n'importe quel rabbin, prêtre ou imam, tout en les surpassant. De toute évidence, s'il exista seulement, de nos jours, nous le catégoriserions entre les psychopraticiens … et les bons musulmans !
Concrètement, dans les noms de serpents divins
Le serpent est un vaste animal divin, bénéfique, à travers le monde.
Draco, en Afrique du Nord, est un antique Dieu-serpent, mentionné dans plusieurs régions : en Maurétanie Césarienne (à Caesarea), en Numidie (à Cirta et Aquae Flavianae), en Afrique Proconsulaire (à Numuli et dans les ruines de Guelâa, au sud de Thignica) ; à Cirta, l'inscription a pour écho un relief représentant un serpent ; cela n'est pas sans rappeler le Divus Draco évoqué par Suétone (cf. le grec drakon et le latin draco).
Grand Zombi Li en Amérique du Nord, notamment la Louisiane (dans le vaudou), est une divinité comparable au Dieu-serpent Blanc Dani (cf. le nom du Dieu suprême Nzambi chez les Fangs du Congo-Brazzaville) … héritage du commerce triangulaire d'esclaves.
Grandfather Rattlesnake en Amérique du Nord, Dieu-serpent vénéré par plusieurs tribus amérindiennes, originaires au continent.
L'Afrique du Nord était déjà proche du Moyen-Orient, mais voyez Horon en Syrie et Canaan, Dieu protecteur et guérisseur, maître des serpents. Son culte, originaire de Syrie-Palestine, se retrouve en Égypte, en Sardaigne (inscriptions puniques d'Antas) et, sous la forme grecque Auronas, à Délos (inscription émanant de citoyens de Iamnia. (cf. dans la Bible, le toponyme Beth-Horon, aussi !). C'est le serpent du serment hippocratique des médecins …
Voici Ninazu en Mésopotamie, chez les Sumériens : Dieu-serpent, guerrier, fatalement chtonien, guérisseur aussi.
Ouadjet en Basse-Égypte déesse-cobra, divinité tutélaire de la Basse-Égypte (sanctuaire de Bouto) appariée à la déesse-vautour Nekhbet qui veille sur la Haute-Égypte (tout comme il y a Horon, Dieu d'origine cananéenne introduit en Égypte au Nouvel Empire, assimilé au Dieu faucon Horus). Ouadjet protège le pharaon (« Celui-des-deux-Dames »)****.
En Égypte toujours, on a essentiellement Qerehet, déesse-cobra incarnant l'œuf primordial et l'esprit des ancêtres. C'est-à-dire que c'est une déesse originaire !
L'esprit-farceur comme un affreux lutin, cause du renversement originel des valeurs, a peur des serpents, voire des reptiles en général
C'est la conjecture oraculaire à laquelle ce parcours spirituel à travers les paganismes, nous conduit : qu'un esprit-farceur comme un affreux lutin, cause du renversement originel des valeurs, a peur des serpents, voire des reptiles en général. Cela dit, les Moyen-Orientaux n'en connaissent pas, de lutins … ils connaissent des génies, qui ne ressemblent certes pas vraiment au loufoque génie du Aladdin de Walt Disney.
En effet, le serpent est associé au Mal, dans les Bibles, que ce soit l'Ancien Testament hébraïque – explicitement avec le mythe d'Éden et de la pomme dans laquelle croqua Ève excitée par le serpent, – ou bien le Nouveau Testament évangélique qui assume l'héritage, et encore le Dernier Testament coranique. Il y a une paranoïa contre tout ce qui est subtil, où la pseudo-transparence monothéiste, doublée de son manichéisme décidé, n'est qu'une vaste perfidie. C'est son ombre portée, ironie du sort – encore qu'on soit toujours dupes de nos rejets, à ce stade, c'est-à-dire surtout quand ils se veulent aussi tranchés. Gog, personnification des paganismes et des ennemis d'Israël, repris par le christianisme, et au fond principe utile dans l'islamisme face à ses ennemis : lancinants, menaces rampantes, insidieuses et sinueuses, partout alentours : plutôt que d'y réfléchir, on tente lâchement de convertir, de fuir, de réduire ou de détruire directement, et l'on ose nommer cela « le salut divin » …
Les polythéistes, toujours quelque peu mécréants entre leurs Dieux – car les Dieux font avant tout leur jeu spirituel en compagnie des humains, le deuogdonoios … – eh bien les monothéistes peuvent être sereinement laïcs. Les monothéistes sont toujours obligés de se réprimer eux-mêmes, quant à leur perfidie. On croirait que ce sont eux, notamment chrétiens, qui ont réinventé la laïcité, mais ce sont surtout les Européens fatigués par les guerres de religions intestines au christianisme. De base, au pire, il s'agissait d'une velléité de « trêve de Dieu » …
On les comprend : d'avoir le serpent en horreur, ils se font de tout une horreur, en dehors de leur aiguillon spirituel fallacieux. Dans un monde renversé, le salut est infernal ; donc, dans un monde redressé, l'enfer est salutaire, j'ai nommé les polythéismes.
Clin d'œil aux Néo-Nordiques, Néo-Grecs et Néo-Romains : vous en devez une au néo-celtisme d'avoir désintriqué tout cela, avec ou sans druidisme. C'est que l'âme celtique n'a jamais eu peur d'être sagace devant le Dragon, par Cernunnos ! … Cernunnos, Dieu-primordial au serpent à tête cornue, comme Adam entouré d'animaux, dans un jardin d'Eden où Ève aurait eu sa place sans condamnation.
________________________________
* Pour tout dire, le guénonisme est un idéalisme assertif, digne d'un réalisme spéculatif inverti.
** Notez bien que ça n'a rien à voir avec la théorie du complot des Annunakis, revival de moralisme humanitaire néo-monothéiste de mauvais aloi. Mais on comprend maintenant pourquoi, au plan oraculaire, pourquoi tout cela s'est mélangé avec le temps, méta-historiquement … où le deuogdonoios reste scientifiquement historique, historiologique, historiographique : la philosophie naturelle, future sciences, est née en milieux païens, pas en milieux monothéistes – quoiqu'ils en profitèrent.
*** Les Américains ont un vrai souci d'authenticité culturelle dans leur démarche, quittes à se l'inventer. Il y a un traditionalisme déjà, avec leurs pères fondateurs, qu'ils soient constitutionnels ou propres à chaque ville, pionniers. Mais de plus, les dieux amérindiens et leur souci des ancêtres territoriaux, ont influencé le moral des Européens colonisateurs, amérindianisés dans l'esprit. Ce qu'on appellera bientôt dans l'article : « deuogdonoios ».
**** Serpent et aigle sont des animaux nietzschéens, dans Ainsi parlait Zarathoustra, l'Anté-Mazdéisme nietzschéen originaire. C'est bien visé, comme renversement des valeurs. De meme que sont visés l'esprit de vengeance et de pesanteur.